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« Jamendo est une réponse aux nouveaux usages où la notion de gratuité est bien présente »
Pierre Gérard – Jamendo

Nous nous sommes entretenus avec Pierre Gérard, Directeur général et co-fondateur de Jamendo, une plateforme de téléchargement gratuit de musique libre en « Creative Commons ».

Comment est née la plateforme Jamendo ?

Jamendo remonte à 2004, au début du peer-to-peer et des premiers échanges de fichiers musicaux. C’est une réponse légale à l’échange de fichier sur internet, en proposant à des artistes qui voulaient être diffusés, de rejoindre Jamendo et de bénéficier de notre structure de diffusion, principalement basée au départ sur le peer-to-peer.

L’idée était que dans le peer-to-peer, il y a tout et n’importe quoi, qu’il ne faut pas diaboliser ce réseau, et qu’il faut plutôt l’utiliser à bon escient.

L’économie faite par la diffusion en réseau peer to peer, au niveau du coût de la bande passante, a permis à des artistes de venir nous rejoindre pour démarrer le projet.

Pourquoi le choix du « Creative Commons » ?

Il a fallu d’abord déterminer le cadre légal de tout cela. A partir du moment où on met du contenu sur internet, il faut déterminer quel usage on autorise. Nous utilisions au départ la licence « Art Libre » que nous avons abandonné, et rapidement, nous sommes passés sous le régime de la licence « Creative Commons », avant même que Wikipédia ne l’adopte. Cela nous a donné raison d’avoir choisi ce mode de protection de la création sur internet.

Donc tous les contenus sont gratuits ?

Il y a 6 licences « Creative Commons ». Elles sont toutes gratuites dans le cadre privé, pour résumer. Les artistes gardent l’utilisation commerciale, et c’est pour cela que nous avons un deuxième pilier d’entreprise, « Jamendo Pro », qui va les aider à commercialiser leurs musiques.

Quel est le modèle économique de Jamendo ?

Le modèle économique de Jamendo est à rechercher depuis le début. En effet, Jamendo est une réponse aux nouveaux usages : volonté des artistes de partager leurs musiques différemment, et nouvel usage de la nouvelle génération où la notion de gratuité est bien présente.

Jamendo fait donc de la musique gratuite pour tous et un des premiers piliers de la monétisation de Jamendo c’est Jamendo Pro, qui propose de la musique à des professionnels dans le cadre de « licensing » pour de la musique de synchronisation (pour un film, un documentaire, une publicité) et de la musique d’ambiance diffusée dans des lieux publics comme un magasin ou un restaurant.

Quel type de contenus trouve-t-on sur Jamendo ?

Très généraliste, car nous rejoignions toute la génération Y avec désormais un artiste Y qui est autoproduit, qui gère ses droits, qui n’a pas de label et qui utilise les nouveaux outils de marketing pour être diffusé. Nous avons des musiques qui viennent du monde entier et qui ne suivent pas les modes. Nous n’avons pas de produits « marketé » où un même titre doit être numéro 1 dans 14 pays le même jour car il est produit par un gros major…

Nous sommes plutôt dans la multitude de petit. Nous avons 380 000 titres qui viennent de 120 pays. Le fait d’autoproduire la musique fait qu’il y a une grande présence de musique électronique ou de lounge, mais nous avons aussi beaucoup de groupes. Le niveau de professionnalisme augmente de plus en plus, les groupes gèrent désormais leurs carrières différemment, en termes de revenus et de choix de vie.

Quelle est votre actualité ?

Le Midem, le grand marché de la musique à Cannes, parce qu’historiquement il n’y avait que des gros acteurs et maintenant depuis quelques années, avec MidemNet il y a toute cette nouvelle génération de plateformes et entreprises qui veulent proposer d’autres voies. Nous avons une artiste américaine qui s’appelle Kellee Maize qui va intervenir et partager son expérience sur les nouvelles opportunités qu’internet peut créer.

Nous avons également organisé un concert le samedi soir avec We are FM et Kellee Maize à Cannes dans le cadre du Midem Off. Nous sommes une partie prenante du nouvel écosystème de la musique.

Si on devait résumer Jamendo en quelques mots ?

Au final, nous sommes un site web de musique comme les autres. L’internaute va venir sur Jamendo, va découvrir de la musique, on va l’aider, on éditorialise, on met des artistes en avant, on crée des radios, on fait des charts, on produit des vidéos, etc. On apporte du contenu, on essaye de marketer le meilleur de tous nos contenus, on encourage les internautes à partager ces contenus sur les réseaux sociaux. Mais, à la fin, un internaute qui vient, va écouter de la musique va pouvoir l’apprécier et peut être même voir en concert l’artiste qu’il aura découvert. L’originalité de Jamendo aujourd’hui est d’être une plateforme comme les autres finalement !

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Retrouvez Jamendo sur offrelégale.fr

Accédez à Jamendo et à Jamendo Pro

9 commentaires

  • Music Qualité dit :

    Bonjour, je me sers de ce site pour faire écouter des morceaux à des futurs mariés.
    Cela leur permets à distance d’écouter et parfois même de découvrir des artistes ou des morceaux d’un artiste qu’il ne connaissait pas. Quand je rencontre par la suite, les futurs époux pour préparer la musique de leur mariage, certains ont acheter le titre, soit pour s’entrainer sur le morceau ou parce qu’ils ont beaucoup appréciés. Je trouve donc ce service très très pratique pour tous.

  • chefgeorges dit :

    Donner la parole à Jamendo c’est bien, vérifier leurs dires c’est mieux :/
    « Nous utilisions au départ la licence « Art Libre » que nous avons abandonné, et rapidement » – Normal, car la LAL (Licence Art Libre) est ce qui se rapproche le plus de l’esprit de la Musique Libre (avec la licence Domaine Public). Et si Jamendo l’a abandonné « rapidement » c’est qu’elle ne permet la vente de licence lowcost, le fonds de commerce de Jamendo.
    « Cela nous a donné raison d’avoir choisi ce mode de protection de la création sur internet. » – Pardon ? Les licences libres, CC en tête, n’ont jamais été crée pour protéger la « création » ou pour garantir le respect du droit des auteurs, mais pour protéger les utilisateurs ! Grande nuance, car le paradoxe c’est que les licences libres servent à protéger les internautes qui veulent télécharger, puis diffuser librement (y compris sur réseaux P2P) de système de répression comme Hadopi :/
    « Il y a 6 licences « Creative Commons ». Elles sont toutes gratuites dans le cadre privé » – (…) je n’ai rien compris ! que veut dire Pierre Gérard ? Elles sont gratuites, à l’usage ? Bien évidemment ce sont des licences LIBRES. Sous-entend-il qu’une musique en licence libre, CC par exemple, est forcément « gratuite » ? Si oui, c’est totalement faux ! Licence libre n’est en aucun cas synonime de gratuité. Si il est vrai qu’une majorité font ce choix, un nombres conséquent d’artistes ne le font pas et propose des albums payant en CC (voir Bandcamp par exemple). Ce qui est libre en CC ou LAL c’est la DIFFUSION des œuvres. Autre aberration, la notion de « cadre privé » n’existe pas dans les licences libres, y compris les CC. C’est une invention de Jamendo, car un titre présent sous CC sur Jamendo peut tout-à-fait être utilisé dans un cadre « non-privé », commercial ou associatif par exemple. Où qu’on me prouve le contraire.
    « Les artistes gardent l’utilisation commerciale, et c’est pour cela que nous avons un deuxième pilier d’entreprise, « Jamendo Pro », qui va les aider à commercialiser leurs musiques. » – Oui, et comment les « aidez » vous ? Concrètement, comment ça fonctionne ? Est-ce que ça se limite à une présentation de 5 albums par semaines sur une page facebook peu suivi ? Trsè sérieusement j’aimerai bien savoir et j’aurai bien aimé qu’on pose la question à monsieur Gérard.
    « Très généraliste, car nous rejoignions toute la génération Y » – Bien, vive l’opportunisme ! En 8 ans, je n’ai jamais entendu un collaborateur de Jamendo parler de ça, y compris c’est deux dernière année.
    « Nous n’avons pas de produits « marketé » » – Hallucinant… déjà, quid de ce qu’est un « produit maketé » pour Jamendo ? et grosse contradiction avec ce qui est dit juste au-dessus : « car nous rejoignions toute la génération Y avec désormais un artiste Y qui (…) utilise les nouveaux outils de marketing pour être diffusé » :/ C’est aussi assez hypocrite à la vue du soutien appuyé de Jamendo à certains de ses « artistes stars », sans parler des tentative régulière de buzz médiatique (voir page facebook de Jamendo).
    « Nous avons également organisé un concert le samedi soir avec We are FM et Kellee Maize à Cannes dans le cadre du Midem Off. Nous sommes une partie prenante du nouvel écosystème de la musique.[...] On apporte du contenu, on essaye de marketer le meilleur de tous nos contenus, on encourage les internautes à partager ces contenus sur les réseaux sociaux. » – Oui, pas de « produits markétés » sur Jamendo, lol.
    « L’originalité de Jamendo aujourd’hui est d’être une plateforme comme les autres finalement ! » – ce genre de slogans ineptes et sans aucun sens, calibrés pour une pub pour un yaourt, pur produit sophique, ça me dégoute profondément ! Je dirais plutôt que Jamendo n’a aucune ambition, si ce n’est d’augmenter son catalogue de musique libre pour augmenter ses revenues liées au licensing lowcost. La preuve ? le 24 avril 2012, Jamendo a tourné le dos à 85% de ses fonctionnalités de partages communautaires, et cela sans aucun regret ni état d’âme…

  • Steve lenz dit :

    Jamendo est une société. Une société génère des bénéfices. Donc en gros, Jamendo pressent les artistes comme des citrons, et se font des cou…. en or. Lisez bien les conditions générales avant de signer ce genre de tracnar. Je ne connais pas d’artistes qui mettent gratuitement en ligne leurs œuvres sans avoir un retour. Jamendo est une apogée qui s’éteindra assez vite, quand les artistes auront réellement compris leurs pratiques.

  • Pierre GERARD dit :

    Comme régulièrement nous voici encore victime d’un procès d’intention mais surtout de propos dénigrants, non argumentés et mensongers.
    Oui, Jamendo est bien une société commerciale, qui emploie d’ailleurs près de 15 personnes, mais qui ne génère pas encore de bénéfice.
    Jamendo.com propose un service entièrement gratuit d’hébergement musical et de diffusion qui est utilisé par plusieurs dizaines de milliers d’artistes. Des millions d’internautes peuvent de leur côté découvrir et écouter les 380.000 titres du catalogue Jamendo sur leur navigateur et sur des applications mobiles ou tierces, pour eux aussi le service est entièrement gratuit.
    Comme vous pouvez j’espère le comprendre, tous ces services (hébergement, serveurs, bande passante, développement, marketing, …) ont un coût très important, entièrement à la charge de la société. Il n’y a pas de publicité sur jamendo.com et les récentes modifications de nos conditions générales ne vont rien changer. En revanche, cela pourrait permettre, par exemple, de mettre en place des opérations de co-branding qui pourront accroitre la visibilité de notre site et donc la popularité et la diffusion des artistes.

    La société ne génère des revenus que par le biais du service de licensing Jamendo PRO qui en partage 50% avec les artistes. Là aussi, ce service à un coût, notamment en raison de la mise en place d’un service commercial. Le chiffre d’affaire de ce service double chaque année depuis son lancement et plusieurs centaines de milliers d’euros ont déjà été reversés pour 2012. Certains artistes ont déjà gagné plusieurs dizaines de milliers d’euros grace à la vente de leurs licences.

    Nous ne pressons donc pas nos artistes “comme des citrons” et il y a bien un retour.

    Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

    • chefgeorges dit :

      L’art de dire des « banalités » sans répondre aux questions, méthode inepte qui traduit une certaine vacuité dans le propos.
      Les arguments sont éculés depuis des mois voire des années, et vous les connaissez parfaitement.
      Vous vous posez en « victime » pour éviter le débat contradictoire. Mais ce que traduit votre discours est bien que les intérêts financiers de l’entreprise passent toujours avant la défense et la promotion des valeurs du Libre. Vous vous contentez d’utiliser des licences libres CC pour développer un business de licensing lowcost, rien de plus.
      Je note aussi avec intérêt que le seul « service » mis en avant par Jamendo pour ses auteurs/membres est, je cite : « un service entièrement gratuit d’hébergement musical et de diffusion « . Donc rien de plus que Archive.org, lui aussi gratuit.
      Comme vous ne faites pas de bénéfices, j’en conclu logiquement que les 50% prélevés aux auteurs ne servent qu’à payer les charges imputables à Jamendo. Ce qui revient à dire que le service d’hébergement n’est plus si « gratuit » que ça pour celles et ceux inscrits à JamendoPRO, les 50% qu’ils donnent à Jamendo servant uniquement à héberger leurs musiques en ventes.
      Au vue de l’effort important consenti par les auteurs (je suis désolé mais 50% c’est énorme), ne serait-on pas en droit d’attendre nettement plus de « services gratuits » ? Cela ne démontre-t-il pas, surtout au regard du catalogue musicale avancé ici, que le modèle économique de Jamendo n’est pas viable ? 4 ans de JamendoPRO, un échec industriel, des licenciements, un rachat, un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros… et toujours pas de bénéfices, inquiétant ?
      Concernant la promotion des artistes, les auteurs sont souvent renvoyé par les Community Managers de Jamendo à des outils non développés par Jamendo et très courant, comme les réseaux sociaux ou les applications mobiles. Pour simplifier, on leur dit que c’est à eux d’assumer leur promotion. Je suis en partie d’accord sur ce point, mais alors ne vaudrait-il pas mieux pour un artiste créer un petit site sous WordPress et héberger sa musique pour moins de 30€/an ? Des sites comme Bandcamp ne proposent-ils pas finalement le même service d’hébergement gratuit ? Quel avantage à rester sur Jamendo ? La refonte récente du site avec la suppression de pratiquement toutes les fonctions communautaires et l’instauration du « dogme » du track-oriented fait que la visibilité sur le site, pour un nouvel auteur ou un nouvel album, est pratiquement nulle.
      Donner 50% de ses revenus n’est-ce pas très cher payer au final, même pour ceux qui gagnent plus de100€ par mois avec JamendoPRO ?
      Et encore, on effleure ici qu’une petite partie de la problématique liée à la politique de Jamendo. Par exemple la notion « d’usage privé » ajoutée par Jamendo aux téléchargements, en plus d’être incohérente et incompatible avec les CC, et associée à la modification récente de certains articles des CGU ne sont-elles pas les premiers pas vers l’adoption d’un modèle économique « freenium » inspiré de Deezer ?
      Voilà quelques unes des questions que vous évitez soigneusement. De toute façon (et encore plus au vue de votre réponse), je ne mise pas beaucoup sur l’avenir de Jamendo. La superficialité de vos valeurs commence à se voir très sérieusement, ringardisant le concept qui pourtant était particulièrement novateur en 2005…

  • marie dit :

    @chefgeorges je pense qu’il n’y a qu’une phrase intelligente qu’on puisse répondre a un tel commentaire: « Dont’t feed the troll »!

    • chefgeorges dit :

      Je n’irai pas jusqu’à dire que P.Gérard fait du « trolling ». C’est juste de la communication ultra-markétée, qui est là pour détourner l’attention du lecteur le moins attentif ou exigeant en matière d’information.
      Jamendo a toujours refusé de répondre directement à ces questions. Au final, ce n’est ni plus ni moins qu’un aveu par omission.
      L’avenir proche réserve surement quelques mauvaises surprises à celles et ceux qui continuent à rester chez Jamendo et surtout à vendre leurs licences musicales en CC+. D’autres interviews de P.Gérard ne me laisse personnellement aucun doute sur l’adoption d’un modèle économique « freenium » (et donc l’apparition prochaine de publicités en écoute gratuite ainsi que d’un abonnement annuel pour s’en préserver). Tout comme il n’est pas dit que Jamendo garde ad vitam aeternam les Creative Commons, leurs préférant une licence maison (ça n’engage que moi).

      Bref, le meilleur conseil est sans doute : « Don’t feel Jamendo » ;)

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