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VOD trop chère, le témoignage de Sylvain Larmarche de Vidéo@Volonté

À la suite de la publication de l’étude IHS sur la croissance de la vidéo à la demande (VOD) mondiale d’ici à 2017, nous avons posé 3 questions à Sylvain Lamarche, fondateur et gérant d’une plateforme labellisée Hadopi de VOD - Vidéo@Volonté - de nous donner son sentiment sur l’état du secteur en France.

Pouvez-vous nous présenter Vidéo@Volonté et l’origine de l’initiative ?

Vidéo@Volonté est une société proposant un service de VOD créé en 2007 et dont le principal atout est de décliner son offre sur une très grande majorité des appareils connectés : ordinateur, smartphone, tablettes, TV connectées, etc. Nous disposons d’un très large choix de contenus, avec près de 10 000 titres venant des studios les plus importants.

L’idée de créer une plateforme de VOD m’est venue en 2007, j’avais 22 ans et je piratais parce qu’aucune offre légale complète et simple n’était disponible ! Donc je me suis lancé. Au départ en étant très ambitieux, peut-être trop ! Mon objectif de départ était de proposer une offre de SVOD (ndlr : VOD par abonnement) pour 10 euros par mois, à cette époque, Netflix n’avait pas encore commencé à exploser. Toutefois, pour ce type d’offre par abonnement, la plupart des studios demandaient des minimums garantis très élevés, de l’ordre de centaines de milliers d’euros par an et par studio, ce qui supposait d’atteindre un nombre conséquent d’abonnés (environ 200 000) afin d’être rentable. Compte tenu de cette contrainte, j’ai recentré mon initiative sur une offre de vidéo à la demande à l’acte.

Comment analysez-vous l’état du marché de la VOD en France et quels sont selon vous les freins à son développement ?

Les deux principaux freins au développement du marché de la vidéo en ligne sont connus. Le premier est d’ordre réglementaire, c’est la chronologie des médias qui définit l’ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d’un film peuvent intervenir. La fenêtre de la VOD — qui commence 4 mois après la sortie du film en salles — se referme à 10 ou 12 mois selon les accords passés avec les chaines de télévisions. Cette situation entraine une certaine frustration des internautes qui ne comprennent pas pourquoi le film n’est plus du tout disponible en ligne. De même, il me semble aujourd’hui absurde de devoir attendre 3 ans après la sortie d’un film au cinéma pour le voir sur un service de VOD par abonnement, la fenêtre ne s’ouvrant que 36 mois après la sortie en salles.

Le second frein est d’ordre contractuel. Les minimums garantis demandés par certains ayants droit pour mettre à disposition leurs catalogues sont en effet élevés. Cela implique pour les diffuseurs, tels que Vidéo@Volonté, de réduire leurs marges qui ne représentent souvent que 30% du prix de vente au public. Cette marge n’est pas toujours suffisante pour couvrir les frais techniques, de personnel, de R&D, etc.

Que répondez-vous aux consommateurs qui trouvent l’offre de VOD trop chère ? Peut-on encore attendre de l’innovation en matière de VOD ?

Compte tenu de cette marge réduite, les plateformes de diffusion peuvent difficilement agir sur les prix. Nous essayons de faire notre maximum pour satisfaire l’utilisateur, mais il est impossible pour nous de baisser les prix sous peine de ne plus pouvoir fonctionner. Dans ce contexte, la capacité d’innovation des diffuseurs est remise en cause. Nous ne pouvons pas expérimenter des stratégies de prix différentes pour proposer de nouveaux modèles, susceptibles de répondre aux attentes des consommateurs.

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« Nous proposons une alternative au piratage, pour partie lié à l’indisponibilité des programmes » Guillaume Lacroix, Directeur des Partenariats à la Direction des Contenus d’Orange et Guillaume Jouhet, Directeur Général d’OCS

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1 commentaire

  • Frederic MEUNIER dit :

    « Les minimums garantis demandés par certains ayants droit pour mettre à disposition leurs catalogues sont en effet élevés. »
    « Nous ne pouvons pas expérimenter des stratégies de prix différentes pour proposer de nouveaux modèles, susceptibles de répondre aux attentes des consommateurs. »
    tout est dit !
    Et que fait l’autorité pour améliorer cela ? Pas grand chose

    Par contre, le volet répressif est bien au point, lui …

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