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Synthèse – 1er atelier Culture et Entreprenariat

L’Hadopi tenait jeudi 6 mars 2014 son 1er atelier Culture & Entrepreunariat.

Organisée en partenariat avec l’incubateur Creative Valley, cette première édition consacrée au financement d’une startup culturelle innovante fut l’occasion d’évoquer :

-   les leviers de financement publics et privés,
-   les attentes et critères des organismes de financement,
-   le retour d’expérience d’une startup sur le thème du financement et de l’innovation

INTERVENANTS :

Arthur DAGARDCofondateur d’Evergig, plateforme de concerts live réalisés par les fans
François CHESNAIS, 
Directeur du Fonds à la Création Musicale (FCM)
Baptiste HEYNEMANN, Chef de service des industries techniques et de l’innovation

Introduction par Eric Walter

Eric Walter a introduit l’atelier en présentant les différents intervenants et en expliquant la nouvelle approche privilégiée par l’Hadopi en matière d’offre légale : rapprocher créateurs et entrepreneurs pour en encourager l’innovation. L’objectif principal de ces ateliers organisés par l’Hadopi est de donner aux porteurs de projets un retour d’expérience solide.

Présentation de Creative Valley par Yann Gozlan

L’incubateur est aujourd’hui présent au Kremlin-Bicêtre, à Ivry-sur-Seine et prochainement dans d’autres villes du Val de Marne. Il a tenu à rappeler l’importance du rôle des puissances publiques pour soutenir les industries créatives qui constituent le « soft power » de la France. Creative Valley héberge de nombreuses entreprises dans le secteur de la vidéo et du jeu vidéo.

Parcours d’Evergig

Arthur Dagard est concepteur designer. En 2006, il créé MonAmour avec son associé Guillaume Jouannet. En peu de temps, cette agence de communication, spécialiste du sur-mesure, se dédie à l’univers du Luxe, de l’Entertainment et des Hi-tech, pour un large éventail de clients. En novembre 2010, Arthur Dagard créé la plateforme Evergig avec Guillaume Jouannet et Nicolas Lapomarda. Cette plateforme de partage vidéo collaborative offre une nouvelle façon de vivre ses concerts à tous les fans de musique. Basée sur le partage et l’échange, la plateforme permet de visionner un concert dans son intégralité à partir des vidéos réalisées par les fans lors des concerts en y intégrant un son de très bonne qualité. Evergig est soutenu par Partech Entrepreneur et 360 Capital Partners à hauteur de 1 million d’euros (360 Capital Partners a déjà soutenu des sociétés comme Dailymotion ou Leetchi).

Le créateur d’Evergig est revenu de façon imagée sur son parcours et sur les moments clés de la création de la startup, de la rencontre des co-fondateurs à la recherche d’investissements.. Il a notamment rappelé que l’équipe fondatrice était le ciment de tout projet et combien il est important de créer son entreprise en collaboration avec des ex-entrepreneurs. Scientipôle a notamment joué un rôle clé lors lancement d’Evergig. Il a par ailleurs décrit les différentes aides publiques obtenues, ainsi que les conditions de sa levée de fonds. Le financement représente une part importante de son temps de travail, c’est pourquoi il a recommandé aux auditeurs de se faire aider par les bonnes personnes pour constituer les meilleurs dossiers possibles.

Aujourd’hui, Evergig compte 14 collaborateurs, dont des chercheurs et des ingénieurs.

Présentation des aides du Fond à la création musicale (FCM)

François Chesnais a rappelé que le FCM avait été créé en 1984 avec pour objectif de favoriser la création et la diffusion des musiques d’aujourd’hui et d’encourager l’émergence de jeunes artistes. L’aide aux plateformes de musique en ligne a été lancée en 2008 à l’initiative du Ministère de la Culture et de la Communication avec des dotations pouvant varier entre 15 000 et 190 000€. Pour François Chesnais, chaque dossier doit comporter un plan de financement, un descriptif de l’équipe et l’objectif du projet. Il a estimé en revanche que trop de dossiers qui lui étaient adressés n’étaient pas assez clairs et que c’était la raison pour laquelle ils n’aboutissaient pas. Il a présenté la nouvelle plateforme qui permet aux demandeurs de mettre en ligne tout type de document pouvant faire partie du dossier de demande de subvention.

Présentation des dispositifs du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)

Baptiste Heynemann est revenu brièvement sur les missions du CNC : rôle de régulation, de promotion et de soutien financier. Il a présenté le RIAM (Recherche et innovation en audiovisuel et multimédia), créé en 2007 et cofinancé par le CNC et la Bpifrance. Parmi les thématiques prioritaires du RIAM figure la circulation des œuvres et la promotion de l’offre légale (sous-appel spécifique datant de 2013) qui prévoit notamment des aides consacrées aux études de faisabilité ou au soutien à la R&D.

Questions de la salle

Un participant a fait remarquer au CNC que le délai de réponse du CNC, de 3 mois en moyenne, était trop long à l’échelle d’une startup et que plus généralement, les plateformes culturelles avaient un accès plus difficile au financement public que d’autres secteurs. Pour Baptiste Heynemann, parmi les dossiers qui n’étaient pas retenus, il rencontrait souvent des projets de dernière minute qui n’étaient pas assez aboutis.

Durant les échanges Arthur Dagard a par ailleurs mentionné une aide proposée par la Direction générale de l’armement (DGA) appelée RAPID (régime d’appui à l’innovation duale). qui permet de soutenir des projets de recherche industrielle ou de développement expérimental à fort potentiel technologique, présentant des applications militaires mais aussi des retombées pour les marchés civils. Cette subvention, dotée de 40 Millions € est selon lui tout à fait adaptée aux créateurs de projet avec une dimension technologique.

En conclusion, François Chesnais a rappelé aux porteurs de projet présents dans la salle qu’il pouvait y avoir un fossé générationnel entre les membres des commissions qui accordent des aides, pour qui le numérique n’est pas aussi intuitif, et les porteurs de projet eux-mêmes, qui sont nés avec Internet. Il est donc important de privilégier une présentation claire du projet avec une explication précise de chaque élément financier, sans quoi les membres de la commission ne comprendront pas la justification de la demande de subvention.

Parmi les participants, Franck Petita, directeur de l’école MELIES a évoqué les besoins des étudiants de son école, notamment en matière d’appui à la création de jeux vidéo « serious games » . Baptiste Heynemann a rappelé que le CNC était également compétent sur le financement du jeu vidéo,  grâce au fonds d’aide au jeu vidéo (FAJV) qui soutient la création et l’innovation.

Plus d’informations sur nos ateliers Culture & Entreprenariat en cliquant ici

Crédit photo : Guillaume Delenclos

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