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Compte-rendu – Atelier Culture et Entreprenariat – Les métadonnées comme outil de promotion de la musique en ligne

L’Hadopi a organisé un atelier à destination notamment des (futurs) créateurs de plateformes de diffusion culturelle en partenariat avec le MILA – La rue de la musique, le 3 juillet dernier. Cet atelier a abordé les enjeux liés aux métadonnées du secteur de la musique et a mis en avant certaines initiatives cherchant à les enrichir, les réutiliser et les diffuser plus largement.

On entend par métadonnées les données descriptives de tout contenu en ligne. Les intervenants ont expliqué à cette occasion les méthodes qui permettent d’enrichir les métadonnées de leur catalogue et le rôle que jouent celles-ci dans la mise en avant des contenus. Des professionnels spécialisés dans la qualification des métadonnées, ou simplement concernés par cette problématique, ont ainsi apporté leur retour d’expérience dans un cadre favorable aux échanges modérés par Magali Clapier, responsable du développement et des partenariats chez Transparency Rights Management.

Après une brève introduction d’Aude Merlet (coordinatrice du MILA) et de l’Hadopi, Jean-Luc Biaulet, président de MusicStory, a ouvert l’atelier.

Premier intervenant, Jean-Luc Biaulet a présenté d’une part le marché des métadonnées dans la musique en ligne et d’autre part l’activité de Musicstory.

MusicStory est une société française spécialisée dans le traitement et l’enrichissement des métadonnées pour le secteur de la musique. Elle agrège les données propres à l’univers musical (catalogues digitaux, photos, comptes sociaux, etc.), les qualifie et réalise sa propre éditorialisation des contenus artistiques. L’originalité de Musicstory est de mettre à disposition ses services sous formes d’API et de flux de données, ce qui permet d’intégrer les métadonnées de la musique dans des players web, applications tout en étant disponibles sur tous supports (ordinateurs, tablettes et smartphones).

Tout utilisateur d’internet, qu’il soit producteur ou consommateur, a la capacité d’influer sur les métadonnées. De cet état de fait, divers enjeux peuvent être dégagés. Selon Jean-Luc Biaulet, les métadonnées sont des supports de la recommandation, des outils de construction d’une identité sociale et des générateurs d’interactivité, capables de modifier sensiblement le marché actuel. Par ailleurs, étant indispensables pour le référencement, la programmation et la viralité via les réseaux sociaux, les métadonnées participent de la co-construction de l’industrie culturelle. Les risques d’incohérence, d’erreurs et le nombre conséquent de métadonnées impliquent néanmoins que soient effectués des retraitements de données. C’est pourquoi des solutions sont à trouver pour dégager des ressources, reconstruire l’offre et ainsi gagner en productivité. De plus, au regard du droit, les métadonnées sont essentielles, parce qu’elles favorisent la transparence d’internet.

Il est cependant nécessaire de mettre en place des leviers d’identification, d’enrichissement et d’usage, pour que le potentiel des métadonnées soit mis à profit. La production de métadonnées de qualité, la convergence vers des données de référence et l’ouverture contrôlée des métadonnées s’imposent alors, selon Jean-Luc Biaulet, comme indispensables. La connaissance de ces fonctions est, par ailleurs, un avantage certain pour un artiste désireux d’être reconnu sur internet. Jean-Luc Biaulet prend l’exemple des métadonnées descriptives d’un artiste, en commençant par son nom. Pour que les usagers d’internet aient facilement accès aux productions d’un artiste, il faut que son nom soit suffisamment singulier pour se dégager de la masse de métadonnées descriptives déjà existantes. Autrement dit, précise Jean-Luc Biaulet : « Un artiste qui prend comme nom d’artiste une lettre unique, c’est un suicide numérique ».

En guise de conclusion, il affirme qu’il est désormais crucial de dépasser les discussions clivantes, comme celles opposant l’ouverture des données à leur fermeture, la facilitation des initiatives aux grands projets ou encore la nouvelle économie à la volonté publique.

Hugo Bon, fondateur d’Echopolite et de Soundytics, est quant à lui intervenu pour présenter son activité, ses solutions d’analyse de musique, sa méthode de qualification des métadonnées et sa position sur la complémentarité entre l’enrichissement des métadonnées par Musicstory et la qualification des œuvres par la solution Soundytics.

Echopolite est un label en ligne, un distributeur indépendant et une plateforme de vente pour artistes autoproduits. Soundytics est un développeur de solutions B2B pour les éditeurs de musique en ligne, les plateformes de streaming et les développeurs, qui tente de répondre à tous les besoins en matière de services musicaux en proposant un moteur de recherche de musique avancé, une interface permettant une cartographie des données, mais aussi un service de « playlisting intelligent ». Hugo Bon amorce son discours en préférant l’expression de « recommandation de la musique en ligne » à celle de « promotion de la musique en ligne ». Selon lui, la recommandation est le fait de mettre en avant les qualités d’une œuvre pour qu’elle soit repérée par les utilisateurs de musique en ligne. Celle-ci se matérialise par les « tops écoutes », les « coups de cœurs » ou les « nouveautés », visibles sur les plateformes de musique en ligne.

La recommandation permet de découvrir l’univers musical, de diversifier ses écoutes, et de promouvoir des artistes peu visibles. Pour être effective elle exige en amont deux choses : une connaissance sociale de l’utilisateur et une connaissance du contenu qu’il consomme. En outre la recommandation personnalisée s’appuie sur deux piliers : une recommandation humaine et une recommandation automatique. Cette dernière repose sur une typologie des métadonnées, qui comprend les métadonnées basiques de gestion (auteur, compositeur, prix, etc.), jusqu’aux métadonnées dîtes acoustiques (rythmes, humeurs, les catégories d’instruments, etc.). L’ambition d’Hugo Bon est donc celle de croiser « l’ADN musical avec le désir humain ».

Clothilde Chalot, co-fondatrice de NoMadMusic, a proposé lors de cet atelier son point de vue sur l’enrichissement des métadonnées. Elle a exposé la capacité d’une jeune startup telle que NoMadMusic à pouvoir enrichir les métadonnées. NoMadMusic est une plateforme de musique augmentée, dédiée aux genres dits « savants », qui héberge un label et un webzine généraliste (pop, rock et consorts). Lancé en janvier 2014, elle offre aux internautes la possibilité de télécharger des albums de musique classique, du monde et de jazz avec un accès libre aux livrets multimédias. La pratique de NoMadMusic a permis de mettre en lumière la difficulté des métadonnées à englober la richesse des informations que peut contenir un répertoire aussi singulier que celui d’un répertoire de musique classique. En effet, un morceau de musique classique doit rarement son existence à un seul artiste, un seul compositeur et un seul interprète, mais à une pluralité d’acteurs.

Ce retour d’expérience a ainsi permis aux participants de cet atelier de saisir la complexité de la mise en valeur d’un catalogue original sur les plateformes populaires et de mettre en avant une proposition de base de données ouverte, portée sur la musique classique, permettant l’agrégation de plusieurs plateformes spécialisées dans le domaine.

 
Retrouvez également la présentation de Music Story lors de cet événement ci-dessous :

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